
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée chaque 4 mars, l’attention internationale se porte sur un phénomène qui continue de faire de nombreuses victimes à travers le monde. Au Burundi, malgré l’existence de cadres juridiques et d’engagements gouvernementaux, les organisations de défense des droits humains estiment que la situation reste préoccupante, en particulier pour les femmes et les enfants.
Instituée en 2009 par l’International Women’s Speaking Group, cette journée vise à dénoncer les différentes formes de violences liées à l’exploitation sexuelle, notamment le viol, la prostitution forcée et la traite des êtres humains.
Elle se veut aussi un moment de mobilisation pour renforcer la protection des victimes et encourager la poursuite judiciaire des responsables.
Au Burundi, plusieurs rapports récents indiquent que les cas d’exploitation sexuelle et de traite des personnes ont connu une augmentation entre 2023 et 2025.
Les victimes sont majoritairement des femmes et des enfants, souvent attirés par de fausses promesses d’emploi ou contraints par la précarité économique.
Les abus sont signalés dans différents environnements, notamment dans les centres urbains, les zones de pêche, les camps de réfugiés ou encore certains établissements scolaires.
Dans ces derniers, des cas de violences sexuelles en échange d’avantages académiques sont régulièrement dénoncés.
Le pays est par ailleurs considéré comme un point de départ et parfois de transit dans les réseaux de traite à des fins d’exploitation sexuelle.
De nombreuses jeunes femmes quittent le Burundi dans l’espoir de trouver un emploi à l’étranger, notamment en Tanzanie, en Ouganda, au Kenya ou dans certains pays du Moyen-Orient.
Certaines se retrouvent ensuite piégées par des réseaux de trafic humain.
Les enfants vivant dans la rue, les travailleurs domestiques, les réfugiés ainsi que les personnes déplacées internes figurent parmi les groupes les plus vulnérables.
Selon le rapport 2024 du Département d’État américain consacré à la traite des personnes, 169 enquêtes ont été ouvertes au Burundi, dont 12 concernaient spécifiquement des cas d’exploitation sexuelle forcée.
Pourtant, malgré l’adoption en 2014 d’une loi visant à lutter contre la traite des personnes et la mise en œuvre d’un plan d’action national couvrant la période 2023-2027, les progrès restent limités.
Les acteurs engagés sur le terrain soulignent plusieurs obstacles persistants.
Parmi eux figurent le manque de ressources pour les services chargés de la lutte contre ces crimes, les difficultés à identifier et à protéger les victimes, ainsi que l’insuffisance de structures d’accueil spécialisées.
Ils évoquent également la nécessité d’une meilleure coordination entre les différentes institutions impliquées.
Face à cette situation, les organisations locales et internationales appellent à renforcer les efforts de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement des victimes.
Elles plaident également pour une action plus déterminée contre l’impunité dont bénéficieraient encore certains auteurs présumés.
Au-delà de la dimension juridique, l’exploitation sexuelle au Burundi reflète des réalités sociales plus profondes.
La pauvreté, les déplacements de population et l’absence d’opportunités économiques contribuent à exposer de nombreuses personnes à des situations de grande vulnérabilité.
