Ces dernières années, le pays s’est imposé comme l’un des principaux centres africains pour les rencontres internationales, attirant chefs d’entreprise, chercheurs, investisseurs et décideurs venus du monde entier. Porté par la réputation de Kigali comme ville sûre, organisée et tournée vers l’innovation, le Rwanda accueille de plus en plus de sommets, forums économiques et événements culturels.

Entre ses paysages naturels emblématiques et une stratégie claire pour se positionner comme hub régional du tourisme d’affaires, le pays est devenu un point de rencontre pour ceux qui cherchent à comprendre — et à participer — à la transformation du continent.

Certains viennent au Rwanda pour quelques jours de conférence. D’autres pour un projet.

Dr. Gaidi Faraj, lui, est venu pour construire.

Originaire de Californie et titulaire d’un doctorat de l’Université de Californie à Berkeley, Faraj avait déjà passé plus de deux décennies en Afrique lorsque l’idée d’établir une école panafricaine a commencé à prendre forme.

Son parcours l’avait mené en Tanzanie, où il s’était installé pour ses recherches doctorales avant d’y vivre pendant près de douze ans.

Mais c’est à Kigali que son projet a trouvé le terrain idéal pour devenir réalité.

Aujourd’hui, il est le cofondateur de l’African Olympiad Academy, une école résidentielle qui accueille certains des élèves les plus talentueux du continent en mathématiques, sciences et technologie.

L’institution, lancée en novembre 2025, pourrait sembler ambitieuse pour n’importe quel pays.

Pourtant, pour Faraj, le Rwanda était l’endroit le plus logique pour la bâtir.

« Nous avons choisi le Rwanda comme base, mais pas seulement pour travailler au Rwanda », explique-t-il.

« C’est presque un laboratoire. Un endroit sûr et discipliné où l’on peut construire des institutions qui ont un impact bien au-delà de ses frontières. »

Dans un monde où les innovateurs et les investisseurs cherchent des environnements prévisibles pour transformer les idées en projets concrets, le Rwanda s’est progressivement imposé comme une destination inattendue mais de plus en plus évidente.

Pour Faraj, ce qui distingue le pays n’est pas seulement sa stabilité, mais sa capacité à traduire une vision en action.

Lorsqu’il est arrivé à Kigali en 2018 pour participer au lancement du campus de l’African Leadership University, il a découvert un pays qui fonctionnait différemment de beaucoup d’autres environnements où il avait travaillé.

Les décisions se prenaient rapidement, les institutions avançaient avec clarté, et les projets pouvaient se concrétiser en un temps relativement court.

Cette efficacité a joué un rôle décisif lorsque l’idée de l’African Olympiad Academy est devenue un projet réel.

En l’espace d’une année seulement, l’école a pu voir le jour.

Pour Faraj, cette rapidité n’est pas un détail : c’est précisément ce qui attire aujourd’hui des entrepreneurs, des éducateurs et des investisseurs étrangers vers le Rwanda.

Dans de nombreux endroits, les projets ambitieux peuvent rester bloqués pendant des années dans des procédures administratives ou des incertitudes réglementaires.

Au Rwanda, explique-t-il, l’environnement est conçu pour permettre aux initiatives de se développer.

Mais ce qui l’a convaincu de s’installer durablement à Kigali va au-delà de la facilité à créer une institution.

Pour lui, le Rwanda représente aussi une démonstration concrète de ce que peut accomplir une vision nationale cohérente.

« Le Rwanda est une preuve de concept », dit-il.

« Le pays s’est reconstruit grâce à la discipline, la planification stratégique et un engagement réel envers la construction d’institutions. »

Cette idée de construction institutionnelle est au cœur de la mission de Faraj et de son épouse.

Tous deux croient profondément que l’avenir du continent dépendra de la capacité des Africains et de leurs partenaires à bâtir des institutions solides capables de former la prochaine génération de leaders et d’innovateurs.

Le Rwanda leur a offert un environnement où cette ambition pouvait prendre forme.

Sur le campus de l’African Olympiad Academy, situé dans le secteur de Kanombe à Kigali, les élèves viennent aujourd’hui de plusieurs pays africains.

Ils ont été sélectionnés à travers des compétitions de mathématiques extrêmement sélectives, parfois parmi des dizaines de milliers de participants.

Tous bénéficient de bourses complètes et suivent un programme intensif centré sur les mathématiques fondamentales, les sciences et l’informatique.

Pour Faraj, cette orientation n’est pas un hasard. À l’ère de l’intelligence artificielle et des technologies avancées, les mathématiques constituent la base de toute innovation.

« On ne peut pas vraiment développer l’intelligence artificielle sans une base solide en mathématiques », explique-t-il.

« Si l’Afrique ne développe pas ses propres ingénieurs et créateurs d’IA, nous resterons simplement consommateurs de technologies créées ailleurs. »

Mais l’école ne se limite pas à former des experts techniques.

Les étudiants suivent également des cours qui explorent l’histoire, la géopolitique, l’économie et l’identité africaine.

L’objectif est de former des innovateurs capables de comprendre les réalités du continent et de concevoir des solutions adaptées à ses défis.

Dans la cour de l’école, une fresque monumentale retrace l’histoire scientifique et technologique de l’Afrique, reliant les pyramides de l’Égypte ancienne aux visions futuristes d’un continent technologiquement avancé.

Pour Faraj, ce type d’imaginaire est essentiel.

Trop souvent, dit-il, l’histoire scientifique de l’Afrique est oubliée ou sous-estimée. Pourtant, le continent possède une longue tradition d’innovation et de connaissance.

« Nous voulons que nos étudiants comprennent qu’ils viennent d’une riche tradition scientifique. Les pyramides, par exemple, ont nécessité une immense maîtrise des mathématiques. »

Pour Faraj, Kigali offre aujourd’hui quelque chose de rare : un lieu où l’on peut imaginer l’avenir du continent tout en construisant les institutions capables de le réaliser.

Cette combinaison de vision, de stabilité et d’ouverture attire de plus en plus de professionnels de la diaspora africaine, d’entrepreneurs et d’innovateurs internationaux.

Beaucoup voient le Rwanda comme une plateforme stratégique pour développer des projets qui dépassent les frontières nationales.

L’African Olympiad Academy elle-même illustre cette ambition.

L’école accueille actuellement une trentaine d’étudiants venus de plusieurs pays africains et prévoit d’agrandir progressivement sa capacité dans les prochaines années.

L’objectif est de préparer ces jeunes talents à participer aux compétitions scientifiques internationales les plus prestigieuses et à intégrer les meilleures universités du monde.

Mais au-delà des médailles ou des diplômes, Faraj espère surtout contribuer à quelque chose de plus vaste : un écosystème éducatif panafricain capable de former les scientifiques, ingénieurs et innovateurs dont le continent aura besoin dans les décennies à venir.

Dans cette vision, le Rwanda joue un rôle particulier. Non seulement comme un pays en pleine transformation, mais comme un point d’ancrage pour ceux qui veulent construire l’avenir de l’Afrique.

Dans un monde où les récits sur l’Afrique sont souvent dominés par les défis, le Rwanda offre une autre perspective : celle d’un environnement où les institutions peuvent naître, croître et rayonner à l’échelle du continent.

Pour Dr. Gaidi Faraj, ce choix est simple.

Quand on veut imaginer l’avenir de l’Afrique — et surtout le construire — il faut un endroit où les idées peuvent devenir des institutions.

Et pour lui, ce lieu s’appelle Kigali.