
Les responsables de l’Église catholique du Rwanda et du Burundi ont exprimé leur optimisme quant à une amélioration des relations entre les deux pays, malgré la fermeture prolongée de leur frontière terrestre.
Réunis à Kigali du 9 au 11 mars 2026, les évêques des deux nations ont échangé sur la coopération pastorale et les défis auxquels font face leurs communautés, notamment les fidèles chrétiens.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une réunion des conférences épiscopales des deux pays, visant à renforcer les liens entre les Églises voisines et à réfléchir ensemble aux moyens d’accompagner les populations affectées par les tensions entre Kigali et Bujumbura.
À l’issue des discussions, Mgr Joachim Ntahondereye, évêque du diocèse de Muyinga et président de la Conférence des évêques catholiques du Burundi, a adressé un message d’encouragement aux croyants des deux côtés de la frontière.
Selon lui, la situation actuelle ne doit pas faire perdre espoir aux populations.
Il a rappelé que, comme toute période difficile, les tensions finissent par s’apaiser.
« Aucune pluie ne tombe sans s’arrêter un jour », a-t-il déclaré en substance, soulignant que les circonstances qui ont conduit à la fermeture de la frontière finiront par disparaître, permettant ainsi aux populations de reprendre leurs échanges et leur coopération habituels.
Le prélat burundais a également encouragé les personnes qui en ont la possibilité à continuer de voyager par voie aérienne entre les deux pays.
Ce moyen de transport, toujours accessible, peut selon lui contribuer à maintenir les contacts, favoriser les initiatives communes et soutenir les efforts de paix.
De son côté, le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali et président de la Conférence épiscopale du Rwanda, a estimé que la présence des évêques burundais dans la capitale rwandaise constituait déjà un signe fort de la persistance des liens entre les deux peuples.
Pour le cardinal, cette rencontre démontre la nécessité de poursuivre le dialogue afin de trouver des solutions durables.
Il a insisté sur l’importance de la compréhension mutuelle et de la coopération, rappelant que les deux nations ont davantage à gagner dans la coexistence pacifique que dans la confrontation.
La frontière terrestre entre le Rwanda et le Burundi est fermée depuis janvier 2024 par les autorités burundaises. Elles avaient alors justifié cette décision par des préoccupations liées à la sécurité.
Si les liaisons aériennes entre les deux pays n’ont pas été interrompues, cette mesure a néanmoins perturbé les déplacements et les échanges commerciaux dont dépendaient de nombreuses communautés vivant de part et d’autre de la frontière.
Malgré ce contexte, les responsables religieux espèrent que le dialogue et la volonté de rapprochement permettront, à terme, de rétablir une circulation normale entre les deux pays et de renforcer les relations entre leurs populations.
