Révérien Ndikuriyo vient d’être reconduit au poste de secrétaire général du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, pour un second mandat qui s’étendra jusqu’en 2031.

La décision a été prise lors du congrès national du parti tenu dimanche 25 janvier 2026 à Gitega, haut lieu de la vie politique burundaise.

Il devient ainsi le premier homme fort de l’histoire du CNDD-FDD à exercer deux mandats consécutifs à la tête du parti de l’Aigle, après un premier mandat entamé en 2021.

Cyriaque Nshimirimana, déjà vice-secrétaire général depuis 2021, a été confirmé à ce poste.

Cependant, la veille du congrès, lors de la clôture de la prière organisée par le CNDD-FDD — une cérémonie dont il était difficile de dire si elle annonçait des adieux ou un nouveau départ — Révérien Ndikuriyo a semé le trouble par des propos empreints d’ambiguïté.

« Je ne vais nulle part, je resterai pourtant avec vous à travers le programme des Ibiswi vy’inkona… », a-t-il lancé, une phrase presque glissée entre deux versets, qui a profondément marqué les esprits.

Bien que considéré comme le grand favori à sa propre succession, le Secrétaire général sortant a ainsi laissé entendre qu’il pourrait se consacrer davantage à la jeunesse du parti, notamment à travers la Fondation PAX-Burundi, s’il venait à quitter la tête du secrétariat général.

Pourtant, la trajectoire politique de Révérien Ndikuriyo reste marquée par plusieurs controverses qui alimentent les critiques à son encontre.

Des médias et observateurs lui reprochent notamment une politisation excessive de la jeunesse, après des épisodes où des activités scolaires auraient été perturbées au profit de rassemblements partisans.

Ses propos publics ont également provoqué une vive indignation, en particulier lorsqu’il avait déclaré en 2019 avoir « mis à prix » la tête d’un homme surnommé Kaburimbo. Or, cette personne a par la suite été assassinée, un fait qui a ravivé les critiques et conduit certains à établir un lien politique et moral entre ces déclarations et le climat de violence.

À cela s’ajoutent des critiques récurrentes sur son style jugé brutal et sur sa tendance à employer un langage clivant.

Si ses partisans défendent un homme de terrain au franc-parler assumé, ses détracteurs y voient au contraire le symbole d’une pratique du pouvoir qui fragilise l’État de droit et exacerbe les tensions au sein de la société burundaise.