Réunis à Arusha, en Tanzanie, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ont décidé de modifier le mode de contribution financière des pays membres au budget de l’organisation régionale. Désormais, les économies les plus puissantes devront verser une part plus importante, dans le but de rendre le système plus équitable et durable.

Cette décision a été adoptée le 7 mars lors du 25ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État de l’EAC.

À l’issue de la rencontre, le président kenyan William Ruto, qui assurait la présidence sortante de l’organisation, a évoqué plusieurs décisions majeures destinées à renforcer le fonctionnement de la communauté régionale.

Selon lui, les dirigeants ont estimé nécessaire de revoir l’ancien système de financement, qui reposait sur une contribution identique de chaque État membre, indépendamment de la taille de son économie ou des bénéfices tirés de l’intégration régionale.

« Nous avons convenu que les contributions doivent désormais être plus justes. Les pays qui disposent d’économies plus importantes et qui profitent davantage de la communauté devront contribuer davantage », a déclaré William Ruto.

Jusqu’à présent, tous les membres versaient une contribution égale au budget de l’organisation. Après examen des recommandations formulées par le Conseil des ministres, les dirigeants ont décidé d’introduire une nouvelle formule mixte.

Initialement, le Conseil proposait que 65 % du budget soient répartis de manière égale entre les États, tandis que 35 % seraient calculés en fonction de critères économiques.

Les chefs d’État ont finalement opté pour un ajustement : la moitié du budget sera désormais financée à parts égales, tandis que l’autre moitié dépendra de contributions évaluées selon la capacité économique de chaque pays et les avantages qu’il tire de l’intégration régionale.

Cette réforme intervient alors que la communauté fait face à d’importants arriérés de paiement de la part de certains membres.

Au 31 janvier, les contributions impayées s’élevaient à plus de 89 millions de dollars.

La République démocratique du Congo arrive en tête des débiteurs avec environ 27 millions de dollars, suivie du Burundi (22,7 millions), du Soudan du Sud (21,8 millions) et de la Somalie (10,5 millions).

À l’inverse, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda ont déjà honoré l’intégralité de leurs engagements financiers pour l’exercice budgétaire 2025-2026.

Au-delà de la question du financement, les dirigeants ont également abordé la gouvernance de l’organisation.

William Ruto a souligné que les structures actuelles de l’EAC ne correspondent plus entièrement à la réalité d’une communauté qui s’est élargie au fil des années.

« Le cadre institutionnel a été conçu à une époque où la communauté ne comptait que cinq membres. Aujourd’hui, nous sommes plus nombreux et notre organisation doit évoluer en conséquence », a-t-il expliqué.

Dans cette optique, les chefs d’État ont décidé que certaines décisions au sein de l’organisation pourraient désormais être prises soit par consensus, soit selon un seuil de vote clairement défini, afin d’améliorer l’efficacité du processus décisionnel.