La prochaine élection présidentielle au Kenya aurait-elle dû avoir lieu dès cette année ? C’est en tout cas la conclusion de la Haute Cour de Malindi. Dans une décision rendue vendredi 7 août 2026, la juge Mugure Thande a estimé que le calendrier électoral actuellement prévu ne respecte pas les dispositions de la Constitution kényane.

Selon la magistrate, le prochain scrutin présidentiel aurait dû se tenir le deuxième mardi d’août 2026, soit le 11 août, conformément à l’interprétation de l’article 136(2)(a) de la Constitution.

Cette disposition encadre le calendrier des élections présidentielles et leur cycle électoral.

Au cœur de la décision se trouve la question de la durée et du calcul du mandat présidentiel.

Pour la juge Thande, la Constitution prévoit que l’élection présidentielle doit avoir lieu au cours de la cinquième année suivant une élection, et non après l’achèvement d’une période complète de cinq ans de mandat présidentiel.

Cette interprétation conduit la Haute Cour à considérer que l’élection présidentielle organisée en août 2022 aurait dû être suivie d’un nouveau scrutin le deuxième mardi d’août 2026.

La juge estime par ailleurs que la Constitution ne garantit pas au président un mandat fixe de cinq années.

Dans son raisonnement, c’est donc le calendrier constitutionnel des élections qui doit primer sur la durée exacte du mandat exercé par le chef de l’État.

Malgré cette conclusion, la décision de la Haute Cour ne remet pas immédiatement en cause le calendrier électoral actuellement établi.

La juge Mugure Thande a en effet suspendu l’application de son jugement jusqu’à la fin des élections générales de 2027.

Cette mesure vise notamment à éviter les conséquences institutionnelles et politiques qu’aurait pu provoquer une modification immédiate du calendrier électoral.

La Commission indépendante des élections et des circonscriptions électorales (IEBC) peut ainsi poursuivre ses préparatifs en vue des scrutins prévus en 2027.

La Cour a également refusé, à ce stade, d’invalider le calendrier de l’élection de 2027, invoquant les risques d’incertitude et d’instabilité qu’une telle décision pourrait entraîner.

L’affaire faisait suite à une requête introduite par des pétitionnaires contestant la date retenue pour les prochaines élections générales.

Ceux-ci soutenaient que la Constitution imposait l’organisation du scrutin présidentiel en 2026.

La Haute Cour leur a donné raison sur le fond, en reconnaissant que l’interprétation constitutionnelle avancée dans leur requête était correcte.

Toutefois, en suspendant l’application pratique de son jugement, elle permet au processus électoral prévu pour 2027 de se poursuivre.

En pratique, le Kenya se dirige donc toujours vers des élections générales en 2027. Mais la décision de la Haute Cour de Malindi ouvre un important débat constitutionnel sur la manière dont doit être calculé le cycle électoral présidentiel dans le pays.