
Une vague de mobilisation internationale a marqué la journée du lundi 20 avril, alors que des milliers de personnes issues de la communauté banyamulenge ont manifesté simultanément aux États-Unis et au Kenya pour exiger une action urgente de la communauté internationale afin de mettre un terme aux violences et au blocus humanitaire qui frappent Minembwe, dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À Washington D.C., plus de 4 000 manifestants ont participé à une marche pacifique, appelant la communauté internationale à intervenir face à la persistance des violences et à un blocus humanitaire prolongé qui affecte gravement les populations civiles.
Le même jour, des rassemblements similaires ont eu lieu à Nairobi, où les protestataires ont relayé les mêmes revendications : la fin immédiate des attaques et l’ouverture de corridors humanitaires vers les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Ces manifestations interviennent après plusieurs mois de violences continues dans la région de Minembwe et ses environs.
Selon les manifestants, des opérations militaires répétées menées par une coalition comprenant les Forces armées de la RDC (FARDC), des troupes burundaises, des milices locales et d’autres groupes armés auraient lourdement affecté des villages habités par des civils.
Entre août 2025 et avril 2026, plusieurs localités — dont Mikenge, Rugezi, Kalingi, Ilundu, Gakenke et Bijombo — auraient été le théâtre de frappes de drones, de bombardements d’artillerie et d’offensives terrestres.
Ces attaques auraient entraîné des pertes en vies humaines, la destruction d’infrastructures essentielles ainsi que le déplacement de milliers de personnes.
Parallèlement, le blocus imposé à Minembwe a considérablement aggravé la situation humanitaire.
Les habitants font face à un accès limité à la nourriture, aux soins de santé et aux marchés.
Des villages entiers, des écoles et des centres de santé auraient été détruits, tandis que la perte de bétail a accentué la précarité économique.
À Washington, les organisateurs de la marche ont indiqué avoir transmis leurs revendications aux autorités américaines, notamment au Congrès.
Parmi leurs principales demandes figurent l’arrêt immédiat des bombardements, l’ouverture de couloirs humanitaires et le retrait des forces étrangères présentes dans la région.
« Nous nous mobilisons pour donner une voix à ceux de Minembwe qui ne sont pas entendus », a déclaré un représentant associatif présent sur place.
Il a décrit une situation « catastrophique », évoquant une crise humanitaire prolongée caractérisée par l’absence d’assistance extérieure depuis de nombreux mois.
Les manifestants ont également dénoncé l’impact du blocus sur les prix des denrées de base, citant notamment le coût extrêmement élevé de produits essentiels, devenu inaccessible pour la majorité de la population.
À Nairobi, les protestataires ont lu un mémorandum alertant sur ce qu’ils qualifient de « détérioration grave de la situation sécuritaire et des droits humains ».
Ils ont évoqué une campagne systématique de violences, marquée par la destruction des moyens de subsistance et des opérations militaires ciblées.
Les intervenants ont également pointé du doigt la politisation des identités ethniques, considérée comme un facteur majeur des tensions persistantes dans la région.
Ils ont rappelé que la communauté banyamulenge, présente dans les hauts plateaux du Sud-Kivu depuis plusieurs siècles, est confrontée depuis des décennies à des formes récurrentes de marginalisation politique.
Face à l’intensification des violences et au risque d’une catastrophe humanitaire, les manifestants ont lancé un appel pressant à la communauté internationale pour une intervention rapide, visant à protéger les populations civiles et à prévenir une aggravation de la crise.
