
Le Rwanda vient de franchir une nouvelle étape dans la sécurisation de son approvisionnement en produits pétroliers. Le gouvernement kényan a approuvé le transit d’environ 40 000 tonnes de carburant destinées au marché rwandais à travers le port de Mombasa et le réseau d’oléoducs du Kenya.
La décision a été annoncée par Musalia Mudavadi, Premier secrétaire du Cabinet et ministre kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora, lors d’une rencontre bilatérale avec Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, à Addis-Abeba.
Pour Kigali, cette autorisation représente un apport considérable.
Le volume prévu correspond à près de 52 millions de litres, soit environ un mois de consommation nationale.
Une telle quantité devrait contribuer à maintenir la disponibilité des carburants sur le marché rwandais et à réduire les risques de perturbations dans l’approvisionnement.
Le Rwanda, en raison de son absence d’accès direct à la mer, dépend des infrastructures de ses voisins pour importer les produits pétroliers depuis les marchés internationaux. Le recours aux installations kényanes permet ainsi au pays de renforcer ses capacités logistiques tout en diversifiant ses voies d’approvisionnement.
L’accord intervient quelques semaines après la signature, en juin dernier, d’un accord de coopération entre Kigali et Nairobi dans le domaine pétrolier.
Ce partenariat prévoit notamment l’accès du Rwanda à des capacités de stockage, à des services de transport ainsi qu’aux infrastructures de distribution liées au réseau de Mombasa.
Cette coopération avec le Kenya s’inscrit dans une stratégie plus large menée par Kigali pour réduire sa vulnérabilité face aux éventuelles perturbations du marché international de l’énergie.
En juillet, le Rwanda a également conclu un accord avec la Tanzanie afin de faciliter l’importation d’essence et de diesel par le port de Tanga.
La multiplication de ces itinéraires devrait offrir au Rwanda davantage de flexibilité dans ses importations et renforcer sa capacité à faire face aux fluctuations du marché mondial des produits pétroliers.
Elle pourrait également améliorer la régularité des livraisons nécessaires au fonctionnement des transports, du secteur industriel et des autres activités économiques.
Mais les ambitions de Kigali ne se limitent pas à la satisfaction de la demande intérieure. Le gouvernement rwandais entrevoit désormais la possibilité de développer davantage son rôle dans le commerce régional des produits pétroliers.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Antoine Marie Kajangwe, a récemment indiqué que les accords conclus avec le Kenya et la Tanzanie pourraient créer les conditions permettant au Rwanda de devenir, à terme, un centre régional de distribution de carburant.
L’objectif affiché est de disposer de volumes suffisants pour répondre aux besoins du marché national, mais aussi de pouvoir approvisionner certains marchés des pays voisins.
Une telle évolution permettrait au Rwanda de tirer davantage parti de sa position géographique et de renforcer son intégration dans les échanges commerciaux de l’Afrique de l’Est.
Du côté kényan, l’accord est également présenté comme une illustration de la volonté de renforcer les relations avec les pays voisins.
Musalia Mudavadi a souligné l’importance de la coopération régionale et d’une intégration économique susceptible de favoriser une prospérité partagée.
Les discussions entre les deux délégations ne se sont toutefois pas limitées au secteur énergétique.
Le responsable kényan a également sollicité le soutien du Rwanda aux candidatures de ressortissants kényans à des postes au sein de la Cour internationale de Justice et de la Cour pénale internationale.
