Une nouvelle initiative continentale destinée à renforcer la présence des femmes dans les sphères de décision politique a officiellement démarré à Kigali.

L’Académie africaine pour le leadership politique des femmes a été lancée lundi 3 août 2026, avec pour ambition de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeantes africaines capables d’exercer une influence accrue dans la gouvernance et la vie publique.

Le programme est porté conjointement par l’African School of Governance (ASG), basée à Kigali, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Commission de l’Union africaine et l’African Women Leaders Network (AWLN).

Il repose sur la formation, le mentorat et les échanges d’expériences entre participantes, avec l’objectif de construire, au-delà de la période d’apprentissage, un réseau durable de femmes engagées dans la promotion d’une gouvernance inclusive en Afrique.

Pour Francis Gatare, président de l’ASG, la création de cette académie correspond pleinement à la vocation de son institution, qui entend contribuer à la formation de responsables publics guidés par l’éthique, l’esprit de transformation et la recherche de l’excellence au service de leurs communautés et de leurs pays.

Malgré les avancées enregistrées ces dernières années dans plusieurs États africains, notamment en matière de représentation féminine au sein des institutions politiques, les femmes restent encore minoritaires dans de nombreux lieux où se prennent les grandes décisions.

L’académie veut ainsi aller au-delà d’une formation ponctuelle en établissant des liens appelés à se maintenir entre les différentes promotions.

« Cette initiative est appelée une académie parce que cela implique une certaine permanence », a expliqué Francis Gatare, qui souhaite voir se développer un réseau permanent entre les participantes des différentes cohortes.

La première promotion compte 40 femmes sélectionnées parmi plus de 1 300 candidates issues de 28 pays.

La diversité des profils constitue l’une des particularités de cette première cohorte. Elle réunit notamment des ministres, des parlementaires, des présidentes de chambres, des maires, des responsables de formations politiques ainsi que des représentantes d’administrations publiques, d’organismes de l’Union africaine et de la société civile.

La formation s’étendra sur quatre semaines selon un modèle combinant enseignement à distance et rencontres en présentiel.

Le séjour organisé à Kigali permettra aux participantes de prendre part à des activités pratiques, à des échanges consacrés au leadership et à des séances de mentorat.

Le programme aborde plusieurs dimensions essentielles de l’action politique, parmi lesquelles la gouvernance, la communication politique, la préparation et la conduite des campagnes électorales, le financement politique, l’éthique dans l’exercice du pouvoir et la capacité à faire face aux difficultés inhérentes à la vie publique.

L’accompagnement ne s’arrêtera toutefois pas au terme de la formation.

Les participantes pourront bénéficier du mentorat de membres expérimentés de l’African Women Leaders Network et intégrer la communauté des anciens élèves de l’ASG.

Cette continuité doit leur permettre de conserver des liens professionnels, de poursuivre le partage d’expériences et de développer des collaborations au-delà de la formation initiale.

Jide Martins Okeke, directeur du programme régional pour l’Afrique au PNUD, considère cette initiative comme une étape importante dans le passage des engagements politiques en faveur de la participation des femmes à des actions concrètes destinées à renforcer leurs capacités de leadership.

Il a également mis en avant l’expérience du Rwanda, qui détient le niveau de représentation féminine au Parlement le plus élevé au monde.

Selon lui, les progrès en matière d’égalité politique ne peuvent cependant pas dépendre uniquement des dispositions légales.

La formation, les réseaux professionnels et l’accompagnement des femmes appelées à exercer des responsabilités sont tout aussi déterminants.

Pour le responsable du PNUD, l’académie doit justement contribuer à fournir aux participantes les compétences, les relations et les mécanismes de solidarité nécessaires pour accroître durablement la place des femmes dans la prise de décision politique à l’échelle africaine.

Jide Martins Okeke a par ailleurs insisté sur la nécessité d’agir sur les normes sociales qui continuent de limiter l’accès des femmes aux responsabilités.

Une véritable transformation, estime-t-il, passe aussi par l’implication des hommes et par la promotion de modèles de masculinité positive susceptibles de remettre en cause les mécanismes patriarcaux qui entretiennent les inégalités.

L’ancienne présidente de l’Éthiopie et figure de référence de l’African Women Leaders Network, Sahle-Work Zewde, a, elle aussi, souligné la portée plus large de l’initiative.

À ses yeux, l’objectif n’est pas simplement d’aider davantage de femmes à se présenter à des élections, mais de contribuer à former des responsables capables de consolider les institutions et de porter des transformations concrètes dans leurs sociétés.

L’académie cherche également à renforcer une dynamique de solidarité entre femmes exerçant ou aspirant à exercer des responsabilités publiques.

Le partage d’expériences et l’apprentissage mutuel doivent ainsi permettre aux participantes de mieux faire face aux défis liés à leur engagement politique.

L’initiative avait été annoncée et lancée une première fois en marge du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en février 2025.

Son déploiement à Kigali constitue une nouvelle étape d’un projet continental plus vaste consacré au renforcement de l’influence des femmes et à leur participation durable aux processus de décision.

Après la cérémonie officielle du 3 août, les 40 membres de la première cohorte ont entamé leur séjour résidentiel de cinq jours dans la capitale rwandaise.

Cette étape, intégrée au programme de quatre semaines, combine apprentissage pratique, dialogues sur le leadership et accompagnement par des mentors.

À travers cette première promotion, l’Académie africaine pour le leadership politique des femmes entend ainsi poser les bases d’une communauté transnationale de dirigeantes capables non seulement d’occuper davantage de responsabilités, mais aussi de contribuer à l’évolution des institutions et à l’instauration d’une gouvernance plus inclusive sur le continent.

 

L’Académie africaine pour le leadership politique des femmes a été lancée le lundi 3 août à Kigali, à l’initiative de l’African School of Governance (ASG), du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de la Commission de l’Union africaine (CUA) et de l’African Women Leaders Network (AWLN).