« Être réfugiée ne signifie pas être incapable de travailler. Être réfugiée ne signifie pas ne pas avoir de talents, de compétences ou de qualifications. » Pour Lydie Gakunzi, mannequin burundaise connue sous le nom de Galis, l’exil n’a pas effacé les compétences qu’elle avait acquises ni son ambition de poursuivre une carrière dans la mode.

Aujourd’hui au Rwanda, elle continue de développer son parcours professionnel, tout en mettant son expérience au service d’autres personnes.

Bien avant son arrivée au Rwanda, Lydie avait déjà découvert sa passion pour la mode.

Adolescente, elle participait à des événements organisés dans son école secondaire. Ces premières expériences lui ont permis de reconnaître un talent qu’elle a ensuite choisi de développer.

Après ses études secondaires, elle s’est engagée plus sérieusement dans le mannequinat, en suivant notamment une formation auprès d’un professionnel venu d’Ouganda.

Au fil de son parcours, elle a participé à différents événements de mode, notamment en Afrique centrale et à Kigali Fashion Week.

Elle avait ainsi commencé à construire une expérience professionnelle dans un secteur où la visibilité, les contacts et les opportunités jouent un rôle important.

L’exil a cependant changé les conditions dans lesquelles elle pouvait exercer son métier.

Arriver dans un nouveau pays signifie devoir s’adapter à un nouvel environnement, reconstruire des relations et trouver sa place dans un milieu professionnel dont les réseaux sont souvent déterminants.

Pour Lydie, le défi n’était pas simplement de recommencer sa vie ailleurs, mais aussi de retrouver les moyens de poursuivre une carrière déjà amorcée.

« Arriver au Rwanda, ce n’était pas facile, car j’étais réfugiée. […] Ça demande de s’intégrer, ça demande des connexions, le réseau », explique-t-elle.

Son expérience met en lumière une réalité souvent absente des représentations des personnes réfugiées : le déplacement peut interrompre une trajectoire professionnelle, sans pour autant effacer les connaissances, les qualifications et l’expérience acquises auparavant.

Les compétences restent présentes, mais leur mise en valeur dépend aussi de la possibilité d’accéder à de nouveaux réseaux et à des occasions de travailler.

Dans le parcours de Lydie, Kigali Fashion Week a notamment constitué un espace de rencontre avec le milieu de la mode au Rwanda.

Les événements auxquels elle a participé et les contacts établis avec les médias lui ont permis de gagner en visibilité et de retrouver progressivement des opportunités professionnelles.

Son intégration ne s’est donc pas limitée à s’adapter à une nouvelle société : elle a aussi consisté à y reconstruire une place à travers son métier.

Au fil de cette évolution, Lydie a également élargi ses activités.

Son expérience de mannequin l’a conduite vers le coaching, notamment auprès de mannequins en situation de handicap ou considérés comme vulnérables.

Elle mentionne également des collaborations avec des organisations présentes au Rwanda, dont Handicap International.

Cette dimension de son parcours montre comment une compétence professionnelle peut aller au-delà de la réussite individuelle et devenir une ressource partagée avec d’autres personnes.

Aujourd’hui, Lydie commence à explorer le fashion design, ouvrant une nouvelle étape dans son parcours.

Cette évolution témoigne de sa volonté de continuer à apprendre et à développer ses compétences, plutôt que de laisser l’exil définir les limites de son avenir professionnel.

Son histoire invite ainsi à dépasser une vision des réfugiés réduite aux besoins d’assistance.

Les personnes déplacées peuvent aussi être des professionnelles, des créatrices, des entrepreneures ou des personnes capables de transmettre leur savoir-faire.

Reconnaître cette réalité, c’est aussi reconnaître leur capacité à participer à la vie économique, sociale et culturelle de leur communauté d’accueil.

À travers le parcours de Lydie Gakunzi, Au-delà de l’exil rappelle que le statut de réfugié ne définit pas les capacités d’une personne.

Derrière ce statut, il y a une histoire, des compétences et la possibilité de continuer à construire son avenir.

Découvrez le reportage complet consacré à Lydie Gakunzi  dans ce sixième épisode de Au-delà de l’exil.

Au-delà de l’exil est une série de reportages produite par Remesha Magazine dans le cadre du Kekere Storytellers Fund, avec le soutien de Africa No Filter.