Le lancement, mercredi 30 septembre, des travaux de la raffinerie de pétrole de Dangote à Lamu, marque une nouvelle étape dans les ambitions énergétiques et industrielles de l’Afrique de l’Est.

Installé sur la côte kényane, le futur complexe doit renforcer l’offre régionale de produits pétroliers tout en favorisant le développement de nouvelles activités industrielles.

La cérémonie a réuni le président kényan William Ruto et l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, promoteur du projet, ainsi que plusieurs dirigeants africains.

Le Rwanda était représenté par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Antoine-Marie Kajangwe, au nom du président Paul Kagame.

Prévue pour entrer en production en 2030, l’installation devrait pouvoir traiter jusqu’à 700 000 barils de pétrole brut par jour.

Sa capacité lui confère une vocation régionale, avec l’ambition de répondre à une partie des besoins énergétiques des marchés d’Afrique de l’Est.

Le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda pourraient par ailleurs prendre ensemble une participation pouvant atteindre 30 % dans la raffinerie.

Pour Kigali, le projet représente une nouvelle possibilité de participer à une infrastructure industrielle majeure de la région. Le président Paul Kagame avait déjà exprimé en août l’intérêt du Rwanda pour une participation au capital.

Le projet dépasse toutefois le seul raffinage du pétrole.

Le complexe doit également comprendre une centrale électrique de 1 000 mégawatts, ainsi que des unités consacrées à la production de plastiques, d’engrais et de produits chimiques.

Cette configuration pourrait favoriser l’émergence de nouvelles chaînes de valeur et de compétences industrielles en Afrique de l’Est.

Les autorités kényanes anticipent des dizaines de milliers d’emplois directs et plusieurs milliards de dollars d’investissements étrangers pendant la période de construction.

Pour le Kenya, la raffinerie constitue ainsi un projet structurant pour l’économie de Lamu et pour le développement industriel du pays.

Son implantation s’inscrit également dans la dynamique du corridor LAPSSET, qui relie le port de Lamu à plusieurs marchés de l’intérieur de la région, notamment l’Éthiopie et le Soudan du Sud.

Le développement parallèle des infrastructures portuaires, énergétiques et de transport pourrait renforcer le rôle de Lamu comme plateforme commerciale et industrielle est-africaine.

Le projet bénéficie déjà de l’expertise de partenaires internationaux. Engineers India Limited a obtenu un contrat d’ingénierie de 450 millions de dollars, tandis que Honeywell Technologies doit fournir un appui technologique.

Les actions de la future raffinerie doivent à terme être cotées à la Bourse de Nairobi, ouvrant la possibilité d’une participation accrue des investisseurs africains.

Avec son entrée en production prévue en 2030, la raffinerie de pétrole de Lamu s’annonce ainsi comme l’un des grands projets industriels de la décennie en Afrique de l’Est.

Au-delà de la production de carburants, son ambition est de contribuer à renforcer les échanges régionaux, développer les capacités industrielles et créer de nouvelles opportunités économiques autour de l’énergie et de la pétrochimie.

La cérémonie a réuni le président kényan William Ruto et l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, promoteur du projet, ainsi que plusieurs dirigeants africains.