Le laboratoire de biotechnologie Moderna a lancé le premier essai clinique chez l’homme de son vaccin expérimental contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible.

Les premiers volontaires ont reçu le vaccin au Canada, marquant une nouvelle étape dans la recherche contre cette maladie virale particulièrement meurtrière.

La société américaine a annoncé mardi 4 août que les premiers participants avaient reçu le candidat-vaccin, baptisé mRNA-1469, après l’autorisation des autorités canadiennes de procéder à un essai clinique de première phase.

Le vaccin repose sur la technologie de l’ARN messager (ARNm), la même technologie utilisée par Moderna dans le développement de son vaccin contre la Covid-19.

L’essai sera mené sur trois sites au Canada et devrait réunir environ 80 adultes en bonne santé.

Les chercheurs chercheront principalement à évaluer la sécurité du vaccin et à déterminer s’il est capable de provoquer une réponse immunitaire contre le virus Ebola de souche Bundibugyo.

À ce stade, l’objectif n’est donc pas encore de mesurer son efficacité contre la maladie, mais d’établir les premières données nécessaires à la poursuite de son développement.

Le projet est développé en partenariat avec la “Coalition for Epidemic Preparedness Innovations” (CEPI), qui s’est engagée à mobiliser jusqu’à 50 millions de dollars pour soutenir les premiers essais cliniques ainsi que les activités liées à la fabrication du vaccin.

En cas d’autorisation, Moderna s’est engagée, dans le cadre de cet accord, à rendre disponibles au moins 500 000 doses pour les pays à revenu faible ou intermédiaire à des prix abordables.

Le lancement de cet essai intervient alors que la République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une épidémie d’Ebola provoquée par la souche Bundibugyo.

Cette flambée épidémique avait été déclarée urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai.

D’après les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la RDC avait enregistré, au 30 juillet, 3 605 cas confirmés et 1 587 décès liés à cette épidémie.

Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la menace et de l’importance des efforts engagés pour disposer de moyens de prévention et de traitement adaptés à cette souche du virus.

Dans la région, l’Ouganda a, pour sa part, annoncé le 28 juillet la fin de son épidémie d’Ebola après avoir passé 42 jours sans enregistrer de nouveau cas.

L’épidémie avait infecté 20 personnes et fait deux morts.

La déclaration de fin de l’épidémie est intervenue après la sortie du dernier patient, le 16 juin, suivie de la période de surveillance de 42 jours sans nouvelle infection.

La recherche ne porte toutefois pas uniquement sur la prévention.

Le 2 juillet, l’OMS a lancé en RDC un essai clinique destiné à évaluer deux traitements expérimentaux contre la maladie à virus Bundibugyo.

Baptisé PARTNERS (Platform Adaptive Randomised Trial for New and Repurposed Filovirus TreatmentS), cet essai recrute des personnes dont l’infection a été confirmée.

Le lancement de l’essai du mRNA-1469 constitue ainsi une avancée importante dans la recherche d’un vaccin contre la souche Bundibugyo, mais le candidat reste encore à un stade précoce de développement.

Les résultats de cette première phase permettront notamment de déterminer s’il présente un niveau de sécurité acceptable et s’il déclenche une réponse immunitaire suffisamment prometteuse pour permettre aux chercheurs de poursuivre son développement.